lundi 22 novembre 2010

Imbéciles

On passe notre vie à courir après notre vie, sans se rendre compte qu'on l'a depuis le début.

samedi 20 novembre 2010

Pas pour vos yeux ...

J'ai hésité longtemps avant d'écrire ce message.
Chaque fois que je viens écrire ici en fait, j'hésite. J'hésite parce que je sais que certains lisent. Certains proches. Je ne veux surtout pas avoir l'air de la fille en manque d'attention. Ça fait tellement longtemps que je crie que j'ai mal que parfois j'ai l'impression que plusieurs ne pensent que je ne fais que continuellement crier au loup.

Je n'ai qu'un "point positif". Je suis lâche. Je suis peureuse. Je le suis au point où ma peur n'a pas encore eu de dessus sur ma rage. Les idées ne manquent pas; coma éthylique, médications, aspirines suivies d'un couteau, se jeter devant un train, se balancer par le cou dans le sous-sol. Par contre, j'ai toujours peur.

Je ne veux pas mourir. J'ai peur de la mort. Par contre, j'ai tellement envie de faire la peau à cette conne de fille qui a en dedans de moi. J'ai envie de voir disparaître cette conne qui aiment à en creuver, qui désespère pour des riens qui n'a jamais été capable de passer par dessus le fait que ses parents n'ont jamais réussi à dire les bons mots aux bons endroits et qui depuis, mendie de l'amour et de l'acceptation comme d'autres se prostituent. Aimes-moi et je ferai tout ce que tu voudras. Aimes-moi et je vais virer le monde à l'envers juste pour que tu me regardes avec d'autres yeux que ceux de l'indifférence ou ceux du jugement.

Ce soir, après été malade comme un chien deux fois. Je me suis retapée en boucle le film du voyage. Je me suis vu comprendre, je me suis vue apprendre cette merde d'informations que je redoutais depuis 10 ans. C'est génétique.

Je me vois surtout recevoir la nouvelle comme une baffe. Puis, je vois mon père, qui lui nit, comme toujours. Le monopole de la douleur à toujours été attribué à ma mère. Personne n'est plus ou n'est autant malade qu'elle. Je ne peux tout simplement être malade.

Puis je me demande rapidement si je veux le test. Puis je me dis rapidement que ça coute 3000 balles. Je n'ai pas les moyens.

Fin du film.

On revient à ce soir, on revient à ma douleur, on revient dans le bain où j'essaie de la calmer.

Puis je me dis, qu'est-ce que tu aurais fait si?

Qu'est-ce que j'aurais fait si j'avais été mon père, ma mère ... mon mari.

Et bien j'aurais remué ciel et terre. J'aurais tout fait pour je passe le test. Pour m'assurer, pour me rassurer. Comme je fais toujours. Je remue toujours ciel et terre, pour tout le monde. Pour qu'on m'aime un peu ...

Si peu.

Mon père n'a rien fait. Avait-il la possibilité de le faire. Oui.
Il ne l'a pas fait.

Comme une conne, comme toujours, je dis à qui veut bien l'entendre que je ne voulais pas du test, pas nécessaire, pas besoin.

C'est beau de me voir me convaincre moi-même. Je fais souvent ça.

Ça fait mal? Non.

Oui, ça fait mal, ça fait tellement que j'ai juste le gout de creuver.

En fait non, je n'ai pas envie de creuver. Je veux juste tuer Chiffon. Je veux juste tuer la guénille. Je veux être du marbre. Je veux être froide, sans coeur, je veux me foutre de tout le monde. Je veux surtout arrêter de mendier l'amour de mes parents que je n'ai pas reçu à travers tout le monde.

Le film repart, je me vois ado, faisant des strip-teases dans les party, pour les beaux yeux de mon ex qui aimait donc ensuite me trimballer comme un trophée. Jouer les filles faciles, ça attire la foule, ça attire l'attention, ça attire les hommes.

Je suis pathétique.

Je ne veux pas mourir. Je veux seulement plus souffrir. Je ne veux pas croire que la solution soit dans un pilule, dans du lithium ou dans une autre drogue à la con.

Si ce n'était que cela. Si je ne portais que ma propre douleur. Non, je me paie aussi le loisir de trimballer celle des autres, prise au hasard des rencontres.

Je me trouve sale, moche, nulle.

Si vous saviez le nombre de films qui jouent dans ma tête en ce moment.

Tous des drames.

Pensez ce que vous voulez.

jeudi 18 novembre 2010

Révolte ...

J'ai honte de ce temps-ci. Principalement parce que je ne suis pas capable de passer outre, parce que je suis incapable de ne pas voir les choses d'un point de vue égoïste.

J'allais bien avant ce fichu voyage en Bulgarie. J'avais moins de douleur, je faisais des trucs dans la maison. Je pouvais manger sans être malade. J'avais plus cette douleur atroce que j'ai habituellement toujours dans les cuisses, comme si on avait étiré mes muscles au maximum, les avaient fait sécher, puis les avaient remis en place pour continuellement les humecter d'une légère couche d'acide. Je n'avais plus ces deux balles de tennis dans le ventre, de chaque côté, irradiant une constante chaleur qui n'a rien à voir avec le réconfort. Je n'avais pas cette nausée continuelle que j'avais avec le temps appris à oublier. J'avais plus non plus la sensation dans les épaules qu'une personne avait tenté de m'arracher les bras. Je n'avais cette sensation de ne plus avoir rien qui tient mes hanches et mon bassin. La sensation, qui arrive soudainement, comme si on tentait de me broyer les os. Les aiguilles virtuelles qui tentent de vous percer la chair. Le froid qui s'installe partout ... J'avais réussi à remonter un peu ... Bref, j'allais presque bien.

Depuis une semaine, c'est terrible, c'est présent, ça ne part plus.

J'aime l'ironie de la situation, je passe mes journées à guider des gens vers une certaine guérison, apaisant leurs craintes d'aller se faire opérer en Bulgarie alors que moi, dans mon coin, je souffre, et pas juste un peu.

Ceux qui savent y vont de leurs conseils. As-tu pris des vitamines? As-tu dormi? As-tu essayé de manger ceci au lieu de cela?

Foutaises. Je vis avec ça depuis que j'ai des souvenirs. Pensez-vous que je n'ai pas essayé? Pensez-vous que je n'ai pas tout essayé?

Dormir plus, bien sûr, avez-vous déjà essayé de dormir quand vous avez mal partout?
Des vitamines, mais bien sûr, à la vitesse où je les digère, c'est clair que ça fonctionne un max.
Oui, je mange du carton tous les jours si ça peut vous rassurer ... (eum celle-là c'était juste pour voir si vous suiviez)

J'enrage, je retiens mes larmes. Je ferme ma gueule ... partout, sauf ici.

L'épée de Damoclès

C'est exactement comment je me sens.
Je me sens avec cette épée au dessus de ma tête. Je me sens prise dans toutes les issues.

L'attente est interminable. J'ai beau me dire que dans tous les cas, le bonheur des principaux intéressés importe plus que ce que je pourrais ressentir. J'ai quand même cette crainte constante. Je déteste avoir tant besoin d'eux. Ça me rend vulnérable. Un genre de drogue, de couteau à double tranchant. On a besoin de ça, mais on peut facilement le perdre.

Un genre d'équilibre trop fragile.

Je dois attendre jusqu'au 3 décembre dans un cas et jusqu'à une date indéterminée dans l'autre. D'ici là, je n'ai pas de repos.

Je ne veux pas que vous partiez.
Je suis égoïste n'est-ce pas?
Je m'excuse.

mercredi 17 novembre 2010

Ne changeras-tu donc jamais?

Ahhh maman ...

Si tu savais le nombre de lettres que je t'ai écrite dans ma tête sans jamais te les données, sans jamais te les rédigées.

Si tu savais le nombre de fois que tu m'exaspères, le nombre de fois que tu me fais honte.

Ce soir encore, tu t'es donnée.

Tu as eu une chance, une chance inouie, la chance d'avoir une deuxième chance à la loterie de la vie. La chance de pouvoir y avoir accès. Cette chance-là maman, sans fausse modestie, je te l'ai donné en bonne partie.

Ce chance-là maman, tu n'en voulais pas au début, tu la dénigrais, la rejetais du revers de la main.
Un jour, tu l'as prise.

Depuis ton retour, avec un corps presque remis à neuf, tu te pavanes et tu fais la battante, tu fais celle qui a foncé.

Tu te permets même de donner des conseils aux autres. Tu te permets de les regarder hautement quand ils avouent leur peur.

Qu'ils se décident! Que tu dis, exaspérée. Tu me les envoies à la pelle, l'un derrière l'autre, fébrile, apeuré. Une fois que je leur ai donné espoir, que je les ai rassuré. Tu me reparles d'eux, souvent avec mépris.

Pourquoi donc maman? Qu'est-ce que cela t'apporte-t-il de plus?

On t'a débouché les veines maman, tristement, ils n'ont pas su toucher et débloquer celle qui te bouche le coeur depuis tellement longtemps.

J'ai peur ...

Depuis que j'ai appris la nouvelle, je ne pense qu'à une chose. J'ai peur. J'ai peur que tu ne reviennes jamais. J'ai peur que tu restes parmi les tiens.

Je sais, c'est égoïste, je sais que sûrement beaucoup de gens ont besoin de toi en ce moment. Et sûrement énormément auront besoin après. Je sais que tu as un sens du devoir et du sacrifice très aigu. J'ai peur que tu ne reviennes pas.

Je ne supporterais un autre départ. Je vous sens tous très loin et je trouve ça terriblement difficile. Je ne contrôle pas comment je me sens quand vous êtes loin.

J'ai peur ...

mardi 16 novembre 2010

Remettre de l'ordre dans sa tête - Take 2

Le voyage est terminé.

Ma mère va mieux. L'opération aurait donc réussi.

J'ai l'impression d'être dans un rêve. Je suis tellement habituée à ce que ma vie soit un drame continuel qu'il me semble que c'est impossible que l'histoire ait une fin heureuse.

Je redoute le bonheur, je le redoute parce qu'il est trop souvent éphémère. Parce qu'il est souvent suivi d'une nouvelle crise.

J'ai lu quelque part que certain type de gens ne savent pas comment être heureux. Je serais portée à dire que je suis de ceux-là. Je n'ai pas appris le bonheur. On ne me l'a jamais vraiment montré.

Je n'arrive pas à croire que je pourrai vivre ma vie sans avoir peur de demain, sans craindre la prochaine poussée.

Je me méfie.

Par contre, et comme je l'avais dit, j'ai l'impression que le citron est vide. Que je n'ai plus une goutte. Je suis usée.

J'ai l'impression que mon cerveau est consigné dans un épais brouillard. Je ne parle pas de ma santé physique, ce serait d'autant plus décourageant.